


Dans l’histoire de la musique occidentale, le statut de l’atelier– comme lieu du faire et lieu de transmission– semble inexistant. À première vue, il n’y a pas d’équivalent en musique des ateliers de sculpture et de peinture de la Renaissance, du Baroque ou du XIXe siècle qui, progressivement, deviendront à la fois des lieux d’exposition et de fabrique de l’œuvre. Cette histoire des ateliers d’artistes ne traverse pas de façon aussi visible celle de la fabrique des œuvres musicales. Notre hypothèse est que cette histoire invisible de l’atelier musical est en partie due à la nature même de la musique, éclatée en plusieurs lieux et points d’écoute.
L’enjeu de cet article est de retranscrire une conférence qui prend la forme d’une performance afin de révéler la complexité et l’intimité qui animent nos espaces de création. L’atelier, le laboratoire, la salle de cours, trois espaces dans lesquels mes voix se confondent, se mêlent et entrent en résonance avec celles de mes collègues et de mes étudiant·es. Les expériences se croisent, les costumes se superposent, les voix prennent de l’épaisseur à travers la diversité de ces espaces de création. C’est ainsi que se créent des interférences entre les voix de l’artiste, de la chercheuse et de l’enseignante qui en deviennent parfois presque inaudibles… joyeux brouhaha de la création!















