Dans la veine du dossier en deux volumes consacré aux écodramaturgies récemment publié par Percées (dans les numéros 12 et 13 de la revue), dirigé de main de maître par Catherine Cyr et Véronique Basile Hébert et qui avait pour objectif général d’explorer divers maillages entre les arts vivants et l’écologie, ce nouveau numéro, codirigé par Brigitte Joinnault, Stéphane Hervé et Carolina E. Santo, poursuit la réflexion sur les rapports entre les arts vivants et les éléments non humains en s’intéressant plus précisément aux diverses formes scéniques qui, comme souligné dans la présentation du dossier, « s’efforcent, d’une manière ou d’une autre, de désanthropocentrer les imaginaires fluviaux afin de proposer de nouvelles formes d’attention et de relation aux cours d’eau ».

Issues de travaux présentés dans le cadre de journées d’étude qui ont eu lieu à Nice en 2023 et 2024, les diverses contributions de ce riche dossier – qui comprend sept articles, deux documents et, dans la section « Le pont », la relation d’expériences de création et de recherche-création menées au Brésil – se penchent sur des pratiques théâtrales et performatives de la dernière décennie qui se caractérisent par une attention particulière portée aux cours d’eau, fleuves et rivières, considérés non pas comme des ornements utilisés à des fins purement esthétiques dans le cadre de représentations, mais comme une forme radicale d’altérité avec laquelle ces propositions artistiques nous invitent à reconnecter et à nous re-lier. Inutile d’insister sur la pertinence d’une telle approche, à l’heure où les enjeux relatifs à l’eau sont au cœur de la crise climatique dans laquelle l’humanité est plongée. Ce dossier illustre de belle façon à quel point les arts vivants peuvent contribuer au renouvellement « des manières de composer avec le vivant et le non-humain ».

Pour une première fois à Percées, les réflexions dépliées dans ces divers textes seront prolongées dans un Vivarium, intitulé « D’un fleuve l’autre », que les directeur·trices du dossier thématique ont préparé pour la plateforme l’Extension recherche et création.

Aussi dans ce numéro

La section « Parcours critique » de ce numéro contient, quant à elle, un texte portant sur La mèche courte, le tout nouveau festival international d’arts vivants consacré à la création jeune public, codirigé par Mélanie Dumont et Sylvain Cornuau, et dont la première édition a eu lieu du 7 au 16 novembre 2025 dans divers espaces scéniques de Montréal. De la plume de Geneviève Bélisle, mais « pensé à deux têtes », ce texte raconte l’événement du double point de vue, original et très personnel, de l’autrice et d’une spectatrice adolescente du nom de Charlie, au regard fin et aiguisé. Enfin, le numéro se conclut par deux notes de lecture, respectivement signées par Alexandre Gauthier et Anderson Magalhães, faisant le compte rendu d’ouvrages portant l’un sur une méthode d’entraînement de l’acteur·trice et l’autre sur les déclinaisons du féminin dans la tragédie française de la Renaissance.

Je vous souhaite une excellente lecture!

Louise Frappier

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