Le mycélium des Paysages en filiation
Journal de création de Claudine Robillard
Collage d’Anne-Marie Guilmaine

 

Une première image : ma fille et moi sur scène. Notre divan rose et notre bibliothèque parachutés au milieu d’un vaste plateau blanc. Sur le mur en fond de scène sont accrochées les deux têtes de chevreuils de notre salon familial, témoins attentifs du temps qui passe.

Romane m’apprendra des choses. Elle me coupera les cheveux. Elle me dira doucement quelques vérités désarmantes. J’aurai envie d’imiter certains de ses gestes. Elle reprendra elle aussi certains de mes gestes. Nous rejouerons un dialogue de notre quotidien en nous échangeant les rôles. Nous nous parlerons de nos peurs. Nous bâtirons une cabane avec le jeté du divan.

D’autres duos mère-enfant(s) se relaieront dans ce salon. Des tableaux comme autant de paysages défilant sous les yeux des spectateur.rices.

À la toute fin, les enfants s’entasseront sur le divan. Ils et elles dévisageront le public. Les mères ne seront plus sur le plateau.

Et là, quoi?

***

Un élément scénique se déploie peut-être sur toute la durée du spectacle : une transformation excessivement lente de l’éclairage qui fait passer la source de lumière de jardin à cour?

***

Les chevreuils empaillés veillent au grain.

***

Le spectacle finit peut-être sur les témoignages enchevêtrés d’enfants. On discerne leurs voix répondant à la question : qu’est-ce qu’un abri pour toi? Sur scène, les corps ont disparu.

***

Comment solliciter la participation des enfants dans le processus?

Tout de suite, ce qui m’est venu, c’est l’idée de leur demander d’apporter différents matériaux :

Un album ou une chanson
Un livre
Un objet précieux
Une peur
Un récit qui donne du courage
L’image de quelqu’un.e dont il ou elle aimerait être le fils ou la fille
Une œuvre d’art qui les émeut

J’aimerais voir les enfants diriger leur mère sur le plateau. Qu’ils et qu’elles leur donnent des consignes de jeu, des propositions d’actions, des questions à répondre… Mettre l’imaginaire et l’intelligence des enfants au cœur de la création. Faire d’eux et d’elles les co-auteur.rices du spectacle.

***

Claudine : Dessine-moi ton arbre généalogique fantasmé, inventé.

Une enfant fait s’y croiser son grand-père maternel et Lauryn Hill.

***

Paysages en filiation, ça parle de l’enfance qui nous échappe, qui se transforme. D’une relation mère-enfant(s) qui mute. Comme le processus de création s’échelonne sur presque trois ans, garder des traces des corps qui grandissent et se transforment, saisir aussi les transformations invisibles.

 

Personnes sur et dans un sofa avec divers éléments de textiles voilant leurs corps

 

*** 

Les enfants qui grandissent à nos côtés nous forcent à apprivoiser l’éphémère, le mouvant, le muable. 

***

Quand je pense aux créatrices de la génération qui me précède, j’en compte plusieurs qui n’ont pas d’enfants.

Ça parle de mon propre tiraillement. J’ai longtemps nourri l’idéal de la femme artiste qui choisit l’art au détriment du couple et de la maternité. Je les trouvais entières, libres… J’ai cru longtemps que je n’étais pas une vraie artiste parce que je n’avais pas su tout sacrifier pour me dédier entièrement à la création.

***

Claudine : Complète la phrase suivante : La famille, c’est…

Amineh : La famille, c’est les gens avec qui j’ai choisi de partager ma vie.

Barmaan, son fils de 19 ans : Tu m’as choisi?

Amineh : Oui, je t’ai choisi! (Rires.) 

***

Céline Sciamma : « L’enfance, c’est l’avant-garde de nous-mêmes. »

M’imaginer la Romane d’aujourd’hui qui rencontre la petite Claudine. Être enfant avec elle.

***

Claudine : Si tout était possible, à qui proposerais-tu de venir passer du temps dans ton salon?

Amineh : À mon amie Aïda qui est en Algérie actuellement. Euh… ça fait longtemps que je ne l’ai pas vue et c’était la seule personne, la seule amie avec laquelle j’étais à l’aise de m’asseoir sur un canapé comme un enfant et… et de manger ci et ça…

***

Céline Sciamma: « L’enfance, c’est le seul moment de la vie où on n’a pas le choix de se transformer. On ne fait que se transformer. »

La forêt est un espace de transformation. Un terrain de jeu. La forêt n’évoque pas que la nostalgie, mais un désir actif aussi. On a qu’à penser au sentiment d’accomplissement quand on construit une cabane dans le bois.

J’aimerais qu’émane la joie que procure le côtoiement des enfants. Leur joie à eux et la nôtre. Leur inventivité inépuisable. Leur rapport décomplexé à la création.

***

Derrière les têtes de chevreuil, la forêt s’installe doucement.

***

J’ai envie que la profondeur, l’imaginaire, la sagesse des enfants aient une place dans le projet. Leur capacité à nous apprendre et désapprendre la vie. À nous révéler à nous-mêmes nos propres paradoxes.

J’aimerais que chaque tableau se déploie comme un paysage. Que les spectateur.rices voient défiler sous leurs yeux différentes palettes de couleurs, textures.

Et, après avoir assisté à la transformation d’univers circonscrits et différents, les enfants construisent ensemble un vaste paysage commun. Ils et elles transfigurent le salon. Ils et elles enforestent l’espace. Les enfants reprennent entre eux des actions qu’on a vues se déployer dans les tableaux précédents (lire les lignes de la main, tresser les cheveux, faire la lecture à un plus petit).

Le dernier tableau est nourri par les legs des tableaux précédents.

Comme le mycélium souterrain des forêts?

***

J’imagine un micro en bordure du salon. Dans la pénombre, quelques prises de paroles servent à commenter l’action qui s’y déroule ou en ajoutent une dimension fictionnelle. Un enfant énonce des suppositions sur les pensées de sa mère ou ce qu’elle vient de vivre avant d’entrer dans le salon: « Il y a un instant, tu as appris que… » Ou raconte le hors-champ du moment en train de se jouer : « Pendant ce temps-là, dans la rue… ».

J’imagine un enfant décrire au futur une transformation du salon qui n’aura pas lieu : « Et puis un jour, un matin, tu ne supporteras plus ce divan. Le besoin de changer de décor sera irrépressible. Tu tapisseras le mur, vireras tout à l’envers… »

Ce qui a été tenté au micro lors de la dernière résidence : chanter, murmurer, décrire des photos, jouer à la mère en colère, diriger un.e autre performeur.euse, lire une carte postale, improviser à partir d’une phrase à géométrie variable (« j’ai aimé ce lieu… »). 

***

Dominique Fortier : « On a longtemps cru que le mot forêt avait une lointaine racine germanique, et qu’il dérivait de forist, qui veut dire « sapin »; on a ensuite voulu le rattacher au forum romain, mais il semblerait que le mot vienne plutôt du latin foris, qui signifie « dehors ». Dans les contes, la forêt est l’endroit où on va perdre les enfants, le lieu de tous les dangers au fond duquel il arrive que, poussés par la curiosité, ils aillent s’égarer d’eux-mêmes. La forêt, c’est le contraire de la maison. »

***

Penses-tu à une phrase, une expression que tu dis, ou un geste que tu fais, et dont tu as conscience qu’elle ou qu’il te vient de ta mère?
En quoi tu ressembles à ta mère?
En quoi tu t’en différencies?
Te fais-tu dire que tu ressembles à ta mère? Qu’est-ce que ça te fait quand on te dit ça?
Toi, trouves-tu que tu ressembles à ta mère?
Peux-tu me nommer quelque chose d’important que ta mère t’a appris, t’a transmis?
Qu’est-ce que ta mère a à apprendre de toi?
Peux-tu nommer une chanson que ta mère aime?
Toi, quelle chanson te fait vibrer en ce moment?
Peux-tu raconter un moment vécu avec ta mère que tu gardes précieusement en souvenir?
Si ta mère était un paysage, lequel serait-elle? Peux-tu le décrire en détail?
Qu’aimes-tu faire avec ta mère?

***

Ce qui m’intéresse, c’est de questionner ce qui persiste à travers les filiations, à l’extérieur de la parole. Les gestes qui survivent au passage des générations. Ces façons de prendre soin qui s’imitent, qu’on imite, sans en avoir conscience.

J’aime l’idée que les enfants se retrouvent dans la posture de celui ou celle de qui on apprend. Celui ou celle qui, parfois, connait le chemin à suivre. Par instinct.

***

Juliette Rousseau : « On se représente à tort la famille comme cette entité bien délimitée, immuable, soudée par un terreau biologique. Or c’est un terrain fluctuant, en partie instable, en recomposition permanente. Où la biologie n’est que peu de chose, quoi qu’on en dise. »

***

Et si on imaginait le défilement des tableaux de Paysages en filiation comme celui des images en super 8? Avec une bande sonore ajoutée aux images. Peut-être parfois un peu décalée.

Florence, sept ans, feuillette avec un sérieux nonchalant des revues d’ado.

Léonore et Romane dansent dans le salon, en veston et en paillettes, un verre à la main.

Alice enlace doucement sa mère, la tire de sa torpeur.

Amineh ébouriffe d’une main la chevelure de Barmaan. Il met un temps fou à se recoiffer.

La ressemblance de Marie-Hélène et de Léonore se dessine tout à coup : leurs corps placés dans le même axe, leurs cheveux attachés en couette… Similitude fugitive malgré tout ce qui les oppose en ce moment.

***

Le corps de Brianna glisse lentement du divan jusqu’au sol. Au fil de sa fonte, elle se déleste de ses vêtements, comme des peaux. Plus tard, Sacha s’affaire à ramasser et à plier soigneusement les vêtements laissés au sol par sa mère.

***

Juliette Rousseau: « Toute éducation est un petit mensonge. Le mien se tisse dans le flou que j’alimente entre le monde réel et celui que je veux pour elle. »

Il y a du flou, ou plutôt des effets de fiction dans le salon de Paysages en filiation. Ils sont créés par les collisions entre les prises de parole au micro et ce qui se passe sur scène, par les différentes qualités d’actions qui amènent de l’étrangeté, par la soudaine « mise en solitude » d’un des membres d’une famille, ou par la juxtaposition des membres de différentes familles, faisant basculer la filiation vers l’affiliation.

Sacha fait du break dance sur le Concerto italien de Bach en fa majeur, dont Barmaan bat la mesure avec son corps en entier.

***

Deborah Levy: « L’espace domestique, quand il n’est pas imposé aux femmes par la société, quand il n’est pas une misère que nous inflige le patriarcat, peut devenir un espace puissant. […] En fait, parle-t-on d’espace domestique ou juste d’un espace de vie? Et si c’est un espace où vivre, alors toutes les vies ont la même valeur, personne ne peut prendre toute la place, diffuser son humeur dans chaque pièce ou intimider les autres. J’ai l’impression que l’espace domestique est genré et qu’un espace où vivre est plus fluide. »

***

Claudine : Complète la phrase suivante : La famille, c’est…

Alice, 16 ans : … quelque chose. Ouain, c’est comme ça que je le décrirais. C’est bien? 
Moi c’est comme ça que je complète ça.

***

Étrange coïncidence de rêver à Paysages en filiation qui met en scène mon salon, notre salon de la 13e Avenue, habité à quatre, puis à trois, alors qu’un éventuel déménagement se dessine. La création nous (me) prépare peut-être à quitter cette maison adorée. Comme si investir mon salon par l’art, y faire entrer d’autres mères, d’autres enfants, m’amenait doucement à quitter ce nid inévitablement ancré dans la jeune maternité.

***

Mathieu Riboulet: « Nous sommes là où notre présence fait advenir le monde. Nous sommes plein d’allant et de simples projets, nous sommes vivants, nous campons sur les rives et parlons aux fantômes, et quelque chose dans l’air, les histoires qu’on raconte, nous rend tout à la fois modestes et invincibles. Car notre besoin d’installer quelque part sur la terre ce que l’on a rêvé ne connait pas de fin. »

***

Claudine : Complète la phrase suivante : La famille, c’est…

Romane, 11 ans, du tac au tac : … toute la vie!

(…)

Claudine : Si ton salon pouvait avoir un élément magique, lequel ce serait?

Romane : Ben, qu’on puisse passer à travers le mur pour aller où est-ce qu’on veut. On pourrait écrire sur le mur un endroit où on aimerait aller, passer à travers et y être. Ça serait cool han? 

Claudine : Et toi t’écrirais quel lieu?

Romane : Euh, ça dépend. Je sais pas trop… En tout cas, ce serait beaucoup plus simple d’aller chez papa! 

Claudine : Ah ok, t’écrirais chez papa et tu traverserais le mur pis tu te retrouverais chez lui dans son salon?

Romane : Oui! Ah sinon, un autre truc qui serait chouette, ce serait… Exemple, t’écris sur le mur du salon, je sais pas…  mettons où est mon bas égaré? Et là, tu traverses le mur et tu arrives dans la pièce où est ton bas. Comme ça, je perdrais plus rien du tout. Ce serait pratique!

***

Marie Richeux: « Ceux-là tu ne leur expliques rien. Ce sont eux qui t’expliquent. Ils te prennent dans un coin, ils te regardent dans les yeux, ils te balancent un «attends j’t’explique». Donc tu remballes extrêmement rapidement tout ce que tu trouvais logique, tout ce que tu voulais leur exposer, et la morale surtout, tu remballes ta morale et tu ne cherches pas de cols ou de bretelles à leur remonter. Ce sont eux qui t’entêtent avec leur couplet.

Ils sont l’enfance radicale et sauvage. Ils ont raison. Ils ne te mènent pas en bateau. Ils préparent une marche, laisse-les se maquiller. Laisse-les enfiler comme ils veulent leurs combinaisons jaunes. Ne prends pas la peine d’éloigner les armes, ils ne savent pas ce que c’est. Ils ont d’autres projets. Éloigne-toi, toi. Regarde-les. Prends-en de la graine. Écoute comme ils chantent. Ils n’ont pas l’intention de te ménager, ni de t’arrondir les angles de la figure, ni de t’alléger la conscience.

Regarde comme ils sont beaux. Sur cette échelle pas graduée de la chance, tu es tout en haut d’avoir des enfants vivants de la sorte. Essaie pas de les faire tiens, apprivoise pas leur sourire, vas-y, profite. Quand ils seront prêts à partir tout à l’heure, applaudis-les avec tes deux mains et dis à tes vieux copains de faire pareil. Ils ont un désir de bruit et là aussi c’est ta chance. We want to make noise. Si c’est pas une déclaration d’indépendance de cœur ça. Ils vont s’éloigner pour en plus ne déranger personne, et tu vas les entendre au loin, eux, leur rumeur libre, et tu n’auras qu’une envie : les rejoindre. »

 

Deux personnes sur un sofa, l'un avec un tuyau de sécheuse sur la tête et l'autre un coussin

***

Claudine : Complète la phrase suivante : La famille, c’est…

Sacha, 7 ans : … cool…?

Claudine : Qu’est-ce qui te ferait le plus envie là, maintenant?

Sacha : C’est de faire des réponses.

Claudine : Ce qu’on fait en ce moment?

Sacha : Oui.

Claudine :  Wow, je suis très touchée! (Rires.) Si tout était possible, à qui proposerais-tu de venir jouer dans ton salon?

Sacha : Toi.

Claudine : Moi? Mon dieu, je suis bien chanceuse! Merci Sacha, j’irais avec plaisir! Quel super-pouvoir aimerais-tu avoir?

Sacha : Le pouvoir de… Je déteste les super-héros. Parce que… Je sais pas, j’aime juste les animaux.

Claudine : Alors si tu étais un animal, lequel voudrais-tu être?

Sacha : Un homard. Parce qu’ils sont très cool. Leur queue, quand elle bouge, elle se plie, ça sert au homard d’aller vers l’arrière. Il a une pince petite et une pince grande. La pince grande elle est forte et la pince petite elle est coupante et aussi elle peut tordre.

Claudine : Wow, c’est intéressant. Peux-tu me décrire ton salon idéal?

Sacha (après un très long temps de réflexion) : Non.

***

La lecture de Ce désir me point de Claire Legendre me ramène étrangement à la création de Paysages en filiation.  Elle fait ressurgir le désir que le spectacle s’adresse aussi à des personnes qui ont choisi de ne pas vivre la maternité et qui explorent la filiation autrement, à l’extérieur de la parentalité. Cette lecture me révèle aussi la nécessité de mettre en scène la multitude des facettes de ces femmes, de ces performeuses, qui ne sont pas juste des mères. Comment ramener dans le spectacle leur présence en solo, que leur identité de mère n’éclipse pas toutes les autres?

J’ai l’impression qu’il faut intégrer des tableaux de mère solo à travers le déroulé existant. Des moments de compulsion, de découragement, de désir, d’errance, de plénitude…

***

Claudine : Qu’est-ce qui te ferait le plus envie là, maintenant?

Ester : Finir mon doctorat! Un jour, je vais ouvrir mon ordinateur et tous les mots vont être là! Pas besoin de taper ni même penser. Ils vont s’organiser tout seul! (Rires.)

Claudine : Si tout était possible, à qui proposerais-tu de venir jouer ou chiller dans ton salon?

Ester : Tous mes ami.es du Brésil. Est-ce que je peux dire les noms?

Claudine : Oui! Vas-y! Je t’en prie!

Ester : Mon amie Andrea, mon amie Marisi, mon amie Renaldjia, euh… Beo, Keo, Elisi, Consuelo… Je pense que ce sont les principaux. Oui, juste ça. C’est bon. Mes ami.es. Je n’ai pas l’espace pour tout le monde, mais on trouverait une façon. (Rires)

Un an plus tard, Claudine repose à Ester la même question. 

Claudine : Si tout était possible, à qui proposerais-tu de venir jouer ou chiller dans ton salon?

Ester : Hum… ma grand-mère. Pour me raconter les histoires que je commence à oublier. 
Les histoires qu’elle me racontait… Ma grand-mère maternelle.

Claudine : Les histoires de ta famille?

Ester : Oui. Les histoires de mon arrière-grand-mère… Je commence à oublier, j’ai oublié le nom de mon arrière-grand-mère, l’autre jour, ici quand on en parlait. Je voulais dire son nom et j’ai oublié. Je commence à oublier les choses. Il faut que je demande à ma mère et il faut que j’écrive parce que ma mère aussi devient âgée… Ces histoires vont se perdre si on ne les écrit pas.

Claudine : Et comment s’appelle ta grand-mère?

Ester : Brigida.

Claudine : Oui, tu en avais parlé.

Ester : Oui, ce nom-là c’est Brigitte, mais en portugais on dit Brigida. J’ai une plante… comment s’appelle les plantes comme ça (elle mime la forme de la plante)?

Alice : … araignée.

Ester : Samambaï, qu’on appelle en portugais. Et celle que j’ai chez moi, je l’ai appelée Brigida. Parce que ma grand-mère avait plein de ce type de plantes chez elle. Donc elle est là pour décorer mon salon. (Rire.)

***

Je me demande comment habiter les transitions entre les tableaux-paysages…  

J’imagine un effet d’éclairage… Un faisceau qui balaie l’espace de gauche à droite pour donner l’impression d’un défilement? Peut-être un tournoiement? Une vibration…? Un crépitement…? À l’image d’une pellicule de film grignotée par le feu, signe d’un temps fugitif, de moments saisis juste avant l’évanouissement.  

***

Informations de l’article

ROBILLARD, Claudine et Anne-Marie GUILMAINE (2025), « Le mycélium des Paysages en filiation Journal de création de Claudine Robillard Collage d’Anne-Marie Guilmaine », L’Extension, recherche&créationhttps://percees.uqam.ca/le-mycelium-des-paysages-en-filiation/

Publié